Les schémas familiaux répétés : comprendre n’est pas suffisant
- Institut Saint esprit
- 28 nov. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 déc. 2025
Beaucoup de personnes viennent avec cette phrase :« Je refais exactement ce que j’ai vécu. Je le sais. Et je n’arrive pas à faire autrement. »
C’est le signe d’un schéma.Pas seulement d’un mauvais souvenir.
1. Qu’est-ce qu’un schéma, concrètement ?
Un schéma, ce n’est pas qu’une idée.C’est une organisation interne qui s’est construite au fil du temps :
une manière de vous percevoir (“je suis de trop”, “je dois sauver tout le monde”, “je ne compte pas”) ;
une manière de percevoir les autres (“les autres abandonnent”, “les autres prennent”, “les autres menacent”) ;
une manière de fonctionner (“je m’écrase”, “je me sacrifie”, “j’explose”, “je disparais”).
C’est un pilote automatique.Il se déclenche avant même que vous ayez le temps de réfléchir.
Vous pouvez avoir parfaitement compris que vos parents, votre famille, votre milieu sont à l’origine de ce schéma.Le schéma, lui, continue de tourner.
2. Deux exemples classiques
Exemple 1 : le “sauveur épuisé”
Enfant, vous avez pris très tôt le rôle de celui/celle qui apaise, qui prend sur lui, qui répare.
Adulte :
vous attirez ou vous choisissez des personnes en difficulté ;
vous prenez en charge leurs problèmes ;
vous ne savez pas dire stop ;
vous finissez vidé, amer, parfois violent intérieurement.
Vous pouvez raconter cela avec beaucoup de lucidité.Et recommencer à chaque nouvelle relation.
Exemple 2 : le “bouc émissaire permanent”
Enfant, vous étiez celui/celle sur qui on projetait la faute, la colère, le dénigrement.
Adulte :
vous repérez inconsciemment les relations où ce rôle est disponible ;
vous acceptez des traitements injustes ;
vous finissez par vous comporter comme si vous étiez réellement “défaillant”.
Là encore :comprendre ne suffit pas à sortir du rôle.
3. Pourquoi l’analyse seule ne casse pas un schéma
Un schéma, c’est une habitude de réaction complète :
déclencheur (situation, parole, ton de voix) ;
lecture automatique (“on veut encore que je sauve”, “on va m’accuser”, “si je ne me sacrifie pas je vais être rejeté”) ;
émotion (peur, culpabilité, honte, rage) ;
comportement (se sacrifier, se soumettre, se défendre trop fort, fuir, etc.).
L’analyse biographique explique comment ce schéma s’est construit.Elle n’apprend pas à faire différemment dans une scène précise, demain, face à quelqu’un.
Pour casser un schéma, il faut :
le voir fonctionner en temps réel ;
le déconstruire pièce par pièce ;
expérimenter d’autres façons de répondre ;
tenir dans l’inconfort que ça crée.
C’est un travail, pas une illumination.
4. Le travail TCC sur les schémas familiaux
En TCC, on ne reste pas sur “je répète le schéma de ma mère / de mon père”.
On va chercher :
dans quelles situations exactement le schéma se réactive ;
quelles pensées précises surgissent ;
quelles émotions vous débordent ;
quelles conduites vous adoptez, même si vous savez qu’elles vous nuisent.
Puis on met en place :
des expériences comportementales : faire un peu différemment, à petite dose, dans une situation réelle ;
des ajustements cognitifs : remettre en cause certaines certitudes (“si je dis non, je vais perdre tout le monde”, “si je ne prends pas tout sur moi, personne ne le fera”) ;
des repères clairs pour vos limites, vos engagements, vos choix.
Le but n’est pas de “trahir votre famille”.Le but est de cesser de vous trahir vous-même au nom d’un rôle qui vous détruit.
5. Si vous avez l’impression de rejouer toujours la même vie
Si vous voyez très bien le schéma,que vous pouvez en parler pendant des heures,mais que dans les faits rien ne change,c’est qu’il manque un travail de ce type.
À l’Institut Saint Esprit, les consultations sont conçues pour ça :
repérer précisément vos schémas ;
les travailler dans un cadre TCC clair ;
vous aider à poser, pas à pas, des actes qui ne reproduisent plus mécaniquement le passé.
Si vous êtes prêt à travailler et pas seulement à “comprendre”,une consultation approfondie est un bon point de départ.
→ Prendre rendez-vous pour une consultation approfondie (60 min – 90 €), ou commencer par une consultation courte (15 min – 45 €) pour cadrer votre situation.

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